Le capitalisme marx un point

Bref, je vais arrêter de suite avec ce style qui commence à devenir sérieusement chiant à la longue et qui de toute façon ne donne rien à l’écrit.

J’ai lu Marx.

Je suis entré dans une bibliothèque, j’ai posé mon revolver sur le comptoir, j’ai craché ma salive acide sur le sol et j’ai dit à la charmante secrétaire : « Donne moi tout ce que t’as pouffiasse ou je te fourre mon engin dans le gosier, et ce n’est pas une métaphore ». Ce à quoi cette délicieuse demoiselle m’a répondu : « Couloir 5, rangée B ».

Je remonte alors mon chapeau, crache une nouvelle fois sur la moquette avant de lancer un courtois « tout le plaisir était pour moi ».

En avant toute, je me rends fort guilleret à l’endroit indiqué, dans l’espoir de tomber sur quelque chose de concret sous peine de vraiment trouer cette dame de comptoir, sans aucun mauvais jeu de mot.

Et là, j’ai vu qu’ils avaient Le Capital, les deux tomes de Marx, en version collector, avec en bonus une statuette de barbu et une maquette de goulag à monter soi-même. Mes désirs de culture et d’intellect sont comblés, sacré nom d’une pipe (encore une fois, sans mauvais jeu de mot).

Plus sérieusement, il faut que je vous explique en quoi consiste vraiment cette « édition spéciale ». Les deux tomes étaient beaucoup plus courts que les originaux (encore heureux dira le fainéant), une couverture en décalage avec l’esprit de l’auteur et une préface d’Olivier Besancenot. Autant vous dire qu’au moment de poser mes yeux sur cette chose, j’ai eu un vaste moment de vide cosmique, coincé entre le doute et l’incompréhension. Tenez vous bien : j’ai lu Le Capital version manga, remanié pour une propagande de NPA.

Sur le tome 2, on entend Marx murmurer : "Au paradis, on était en manque de PQ, je te dis pas la joie quand on a su la date de publication"

Je ne sais pas si vous pourrez vous le procurer vu la quantité de bons livres qu’il m’a fallu dégager sans aucune pitié pour le trouver ; il se trouvait dans le fond de la rangée, comme si on voulait l’enterrer à tout jamais afin que plus jamais il ne sorte (un peu comme une relique maudite dans un temple inca). Qu’à cela ne tienne, j’étais en quête de monstruosité curieuse.

Le manga contient des traits et des lettres. Je crois avoir fait le tour complet de tout ce qu’il y a de positif dans cette chose. Passons désormais aux points négatifs, et je sais que vous n’attendez que ça bande de petits chenapans.

Tout d’abord, l’aspect visuel (et là j’ai de la matière). Le dessin est moche. Non sérieux, même avec les pieds attachés je dessine mieux que ça. Les visages datent de vieux mangas des années 90, les décors changent de forme (avec notamment le salle de l’usine qui grossit ou rétrécie à la guise de l’auteur, mais ça on y reviendra), très peu de détails, le tome 2 est d’une pauvreté affligeante, si bien que l’on se demande pourquoi ce manga existe. Le simple texte aurait suffit, et encore.

Du coup, je me demande vraiment à qui se destine ce manga. Il n’est pas adressé à celui qui a un minimum de culture manga puisque le style graphique est affligeant ; il n’est pas adressé à celui qui ne connaît absolument rien du manga puisque le style graphique est affligeant (et par cela même pas du tout accrocheur). Il n’est pas adressé à celui qui connaît Marx puisque l’auteur n’apporte rien sur l’oeuvre d’origine (il ne fait qu’un rapide résumé) ; il n’est pas adressé à celui qui ne connaît pas Marx puisque le support impose des répliques courtes et ainsi pas assez développées sur des éléments tout de même difficiles à comprendre au premier abord. D’où ma question : pourquoi avoir fait un manga sur Marx ? Un simple bouquin de poche n’aurait-il pas suffit ?

Mais désormais, admettons que le but de ce manga soit un vecteur d’idées politique (ou propagande selon le point de vue) du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) pour dénoncer la condition ouvrière aujourd’hui en s’adressant à un public jeune. Admettons que comme le manga est plutôt populaire en France (nous sommes le deuxième pays consommateur de livres à l’envers), ce support paraissait le plus adapté pour la transmission d’idées. Admettons. Une nouvelle question se dessine alors : POURQUOI par tous les Dieux, pourquoi avoir choisi Le Capital ?

Pourquoi avoir choisi de résumer une œuvre certes intéressante historiquement, mais totalement dépassée aujourd’hui ? Pourquoi avoir adapté un « manga-résumé » qui vient directement du japon au lieu de créer un manga spécialement conçu pour la propagande ? Ici, c’est évident que le NPA essaye de masquer sa volonté de faire transmettre une idéologie, quelle soit bonne ou mauvaise ce n’est pas la question.

En effet, ce n’est pas vraiment les éléments intrinsèques du manga qui font pouffer de miséricorde (il est juste mauvais, après tout), c’est plus le contraste entre la préface et ce qui est dit dans la manga qui m’a poussé à écrire ce billet. La préface écrite par Olivier Besancenot nous dit avec beaucoup de légèreté (en d’autres termes, il utilise des mots simples pour les plus débiles d’entre nous) que ces deux tomes sont écris sans cliché, ils se contentent de résumer le plus objectivement possible l’oeuvre de Marx.

Pardonnez moi Monsieur Besancenot, mais j’ai craché mon thé citron en lisant ces quelques lignes.

Soleil Manga doit me rembourser un thé citron maintenant. Et payer un dédommagement pour délit culturel, aussi.

Tout le manga, et je dis bien TOUT le manga est un énorme cliché. On y voit l’idée reçu comme quoi tous les fermiers sont des gentils petits bonhommes avec de grands sourires et celle disant que les capitalistes sont des méchants diablotins avec l’enfer en image de fond (véridique). Je ne dis pas que la société capitaliste est parfaite, elle est comme tout système économique avec ses qualités et ses failles, mais tout de même. A chaque fois qu’on aperçoit un entrepreneur industriel il a les yeux vides de haine et souris avec des dents de requin. Ne me dites pas, monsieur le facteur, qu’on a là l’exemple parfait de l’objectivité.

Le tome un et le tome deux se différencient dans la mesure où le premier suit une histoire narrative (très mauvaise) alors que le deuxième est plus axé sur la théorie (un peu moins mauvais mais à chier tout de même). Une dernière grande question se pose alors : quel est l’utilité du premier tome ? Si le manga est avant tout à titre informatif comme le prétend Besancenot, pourquoi avoir gardé le tome 1, puisque de toute façon tous les mécanismes industriels montrés dans celui-ci sont ré-expliqués dans le tome suivant ? D’autre part, nous avons vu que le support manga n’est pas du tout adapté pour ce type d’écrit ; mais c’est encore plus vrai dans le tome 2 ! L’écriture d’abord est tellement mauvaise qu’il m’a fallu au moins deux relectures à chaque fois pour saisir ce que l’auteur voulait dire (du coup, je me demande vraiment comment quelqu’un qui n’y connaît absolument rien en économie peut s’y retrouver). Qui plus outre et non des moindre, le dessin est totalement inutile. Il se contente de montrer la tête d’Engels sous différents angles, avec la qualité du style graphique que l’on connaît. Seuls quelques schémas sont utiles pour comprendre le sens de l’explication, mais dans le fond on a besoin de schéma parce que l’écriture est mauvaise. C’est le serpent qui se mord le queue (et voilà,  j’ai rempli mon quota de sous-entendu sordide pour cet article).

Au final, j’ai été extrêmement déçu par ce manga, je m’attendais à quelque chose de frais, de nouveau, à un point de vue différent (peut-être un point de vue d’un marchand qui est tiraillé entre le fait d’exploiter les ouvriers pour avoir ses marchandises et le fait d’approvisionner les fermiers avec des produits créés à partir de l’exploitation, ou un truc du genre). Mais non. Les auteurs (anonymes soit dit en passant) ont choisi de recycler des idées. Le problème n’est pas tant l’idée d’une adaptation manga du Capital, c’est surtout au niveau du fond (l’écriture pitoyable) ainsi que de la forme (dessin immonde) que l’intérêt s’envole.

Me revoilà à la bibliothèque pour y rendre cet étron. Mon chapeau me descendait sur les yeux, ce qui me donnait un air menaçant. La secrétaire me demande : « alors, c’était bien ? ». Face à une telle déclaration, j’étais dans l’obligation de la gifler brutalement ; je déteste le blasphème.

A Thor et à travers

Je suis triste. Une larme perlée cristalline coule tendrement sur ma joue rose pour s’échapper et venir s’écraser dans un fracas sur mon genoux. La vie d’un chroniqueur est vraiment trop dure. On doit se taper des étrons immondes à longueur de semaines, alors qu’au fond rien ne nous oblige à le faire. Avec ce billet, vous allez comprendre ma douleur (et aussi parce que j’ai fait un jeu de mot pourri dans le titre dont j’ai très honte).

Oooh oui, douleur intense qui envahie mon petit corps fragilisé par les maux de la vie. En effet, c’est avec une œuvre que j’ai réalisé à quelle point ma vie était pitoyable.

Je n’étais rien, je suis tout. J’étais une limace, je suis Dieu. Plus précisément, un Dieu nordique.

Certains l’auront déjà compris, je vais tenter de vous décrire une vision de The Elder Scrolls V : Skyrim, chose que vous ne verrez dans aucun test (allons allons, un peu de teasing ne fais jamais de mal). Tout le monde l’a bien compris, Skyrim c’est bien. C’est joli comme tout, c’est viril avec des torses velus, musclés et huileux, et puis putain de merde c’est quand même bien moins cher qu’un forfait à Chamrousse. Concrètement, Skyrim c’est le cinquième opus de la série Elder Scrolls, toujours développé par Bethesda, sorti le 11 novembre 2011 bla bla bla.

Tout d’abord, c’est beau. Remettons les bons engins dans les bons slips, c’est beau dans le sens esthétique et artistique. Parce que j’aime pas parler de graphisme, le terme trop pompeux (Dieu que ce mot peut être mal interprété) et trop réducteur par rapport à toute la direction artistique de Bethesda qui a fait un boulot monstre. Le jeu jouit d’un véritable charisme ; preuve en est, j’ai pris un plaisir énorme à me déplacer sauvagement comme un espèce de Pakistanais perdu dans les plaines enneigées. Il y a deux espaces dans Skyrim, un plan général et un plan rapproché -je verrais ce point plus tard. Le plan général, c’est tout simplement se placer sur un rocher like a boss et admirer le paysage nordique. C’est aussi entrer dans une ville et contempler avec émotion l’architecture des maisons, des boutiques, des ruelles, des châteaux, des tours de garde et tout le merdier. J’ai joué les trois quarts du temps en qualité graphique faible pour garantir un maximum de fluidité, mais j’ai également eu le privilège de voir le jeu tourner en haute qualité. Bon, certaines textures bavent légèrement si on se met à faire le zazou avec la caméra zoomée à fond sur un rocher, mais je ne vais pas cracher dans une piscine. Les effets de lumières également sont des plus réussis, avec un exemple tout bête : lorsque vous regardez le soleil, vous avez une petite sensation d’ébloui, rien de bien méchant mais qui au final contribue grand à l’aspect immersif et contemplatif de Skyrim. Sur ce point, on peut dire que Bethesda a réussi un grand coup de maître.

Les trolls diront que la neige cache la misère technique, je leur répond deltaplane (à phrase absurde réponse absurde)

Il est grand temps désormais d’aborder le deuxième plan, c’est à dire le plan rapproché. Ici, Bethesda va encore plus loin dans le pointillisme et nous offre un soucis du détail digne de la plus grande perversité. Pour notre plus grand bien, tout est extrêmement vivant, du petit pain déjà croqué au livre de chevet en passant par les vieilles dames qui tannent du cuir sur le balcon. Tous les bâtiments fourmillent de petits éléments en tout genre. Mieux encore, l’extérieur de fait pas défaut. Par exemple, il suffit de regarder une petite cascade pour y apercevoir des saumons tentant de remonter le courant. Ce n’est qu’un détail me direz-vous, mais c’est avec ce genre d’éléments que l’on reconnaît un bon jeu. Au fond, les développeurs et la direction artistique n’était pas obligé de rajouter des saumons qui sautent, en effet ça ne rajoute quasiment rien au gameplay, à la durée de vie. Par contre, c’est un élément clé de l’expérience de jeu et de l’immersion. Concrètement, 80% de la carte est remplie de neige, le reste laisse place à une végétation composée de pins, de baies des bois ou autres amanite-tue-mouche et joyeusetés. La végétation est dense dans ces régions, elle est évidemment moindre dans la majorité de la carte. Pour pallier à ce manque, Bethesda a prévu une multitude de grottes, de cachettes, de ruines, de feux de camps, sans pour autant charger le joueur dans un tsunami de quêtes ; à tel point qu’à chaque nouvelle découverte on a envie de s’enfoncer dans les tunnels, alors qu’au fond on sait très bien qu’une quête ultérieure demandera d’y aller. Mais ce n’est pas grave, on y va quand même, juste pour voir l’architecture du lieu, les effets de lumière, le trésor qu’y se cache au bout. Chaque grotte a été designée indépendamment, ainsi il est fini le temps des grottes à un modèle d’Oblivion. Chaque caverne est différente, mais toutes sont brillantes de beauté, surtout dans les grandes salles ouvertes.

Nous sommes plongés dans cet univers nordique, bourré de daims, de loups des forêts, de loups des neiges, de rats, de cerfs, de biches, de lapins, de renards, et d’autres créatures en tout genre. J’ai une connaissance extrêmement limitée de la série des Elder Scrolls, mais d’après ce que j’entends de part et d’autres, le monde est au moins cent fois plus vivant et riche que Morrowind ou Oblivion. En parlant de richesse, jamais je n’ai vu un tel travail de traduction. Je suis obligé de mentionner le boulot gargantuesque de doublage (de qualité, soit dit en passant), mais surtout d’écriture des livres. Véritable fleuron d’informations et de légendes, lire une dizaine de livres pourra vous maintenir en haleine durant des journées entières. De la simple note de recherche trouvée sur le cadavre d’un apothicaire fumant au livre de contes emprunté à la bibliothèque, le contenu de Skyrim est absolument fabuleux ; pire encore, je pourrais presque recommander le jeu rien que pour les centaines de bouquins disposés ici et là dans la surface de jeu immense (quasiment la même que celle d’Oblivion). Pour dire vrai, j’avais un très mauvais pressentiment sur ce point : les plaines enneigées IRL ne sont pas les plus réputées pour leur dynamisme. Je suis obligé également de mentionner le background absolument exceptionnel de Skyrim (Canard PC avait une très belle formule à ce sujet : « La quantité fait la qualité »). La moindre petite quête repose sur des situations complètement dramas, du pur plaisir narratif. Tenez, je vais vous faire un exemple avec une quête annxe trouvée totalement par hasard dans une ville alors que je me baladais tranquillement :

Il fait nuit, et des villageois sont devant la porte du bâtiment du jarl, censé protéger la cité. Torches et fourches à la main, ils sont très en colère et se demandent bien quand le jarl va arrêter de se toucher dans sa loge privée. En effet, ils se sentent menacés par une histoire de malédiction suite à une maison qui a brûlée dans des conditions mystérieuses. Le jarl ne se fait pas de soucis et pense tout simplement à un accident domestique. Alors que je fouille la maison afin de trouver quelques indices (les habitants ont peur de cette baraque du coup je suis bien tranquille pour mes recherches), je vois une ombre fantomatique dans le coin de la pièce centrale ; c’est une petite fille fantôme ! Elle me dit qu’elle se sent bien seule et qu’elle aimerait bien jouer à chat avec quelqu’un. En bon diplomate, j’accepte. Je la retrouve quelques temps plus tard en haut d’une colline dans un cercueil, mais horreur ! Quelqu’un m’agresse ! Je tue l’agresseur, je fouille son corps, et en lisant son journal intime je découvre qu’il s’agit d’Alva, la mère de la petite fille ! Alors bon, afin de poursuivre mes recherches je vais demander quelques explications au jarl. Figurez vous que pendant l’incendie de la maison, deux personnes sont mortes : un nordique nommé Hroggar et sa petite fille. Alva est la femme d’Hroggar. Comme je suis un excellent détective et que ce n’est pas du tout écrit dans le journal de quête, je vais inspecter la scierie d’Hroggar. Dans les sous-sols, je vois un autre journal sur une table, près d’un encrier et d’une plume encore fraîche. J’y apprend qu’Hroggar avait des doutes sur la fidélité de sa femme Alva ; il l’a donc suivie et a découvert qu’elle le trompait avec un maître vampire ! Mais Alva n’est pas la dernière des connes et a remarqué les soupçons de son mari, il fallait donc l’éliminer ! L’incendie n’était pas un accident ! Afin de maintenir la paix dans la ville, il fait éliminer le vampire qui a rendu Alva folle d’amour…

Dites vous que c’est juste un exemple de quêtes et qu’il en existe des centaines d’autres. Tout cet univers est absolument passionnant. Maintenant, je peux le crier haut et fort de ma voix virile ; ce monde de Skyrim est sans aucun doute le plus vivant, le plus immersif.

La possibilité de se marier est anecdotique, mais quand même ça manque de boobs.

Ceci est une magnifique transition vers le prochain thème : l’immersion. Une grande question se pose : Skyrim est-il un jeu bac à sable ou un véritable jeu de rôle ? Après avoir fini la quête principale ainsi qu’une cinquantaine de quêtes annexes toutes plus passionnantes les unes que les autres, je n’ai toujours pas la réponse. L’aspect jeu de rôle revendiqué au dos de la boîte n’est que partiel : vie qui remonte seule (à une rythme très lent), les armes ne se dégradent pas, aucune gestion de la faim, de la soif ou du sommeil, etc. Cependant, ce n’est pas non plus un jeu bac à sable dans la mesure où pratiquement tout est scripté. Il suffit d’attendre dans un palais pour y voir quelques heures plus tard un paysan arriver devant le jarl pour lui demander de réduire la cadence des récoltes. Oh, bien sûr, cela peut s’apparenter intrinsèquement à un défaut, mais le nombre hallucinant d’événements force le respect. Suivant votre sexe ou même vos habits, vous serez interpellés différemment par les PNJ (promenez vous nus et ils vous demanderons si vous n’avez pas froid ainsi vêtu). Du coup, on a presque l’impression que la partie se calque à chaque style de jeu ; jeu de rôle, non, mais jeu de son rôle, oui. En parallèle de cet immersion absolue (il n’est pas rare de passer plus de cinq heures de suite sur Skyrim sans s’en rendre compte), l’ambiance est épique de bout en bout, qu’il s’agisse de la quête principale ou du simple PNJ qui a perdu son chat en haut de l’arbre. Pour cela, il faut remercier en plus de la direction artistique Jeremy Soule pour ses compositions musicales d’une qualité formidable. Je me souviens encore de ce premier combat de dragon en haut d’une tour armé de mon arc sous un chœur nordique. Jeremy Soule a presque le don de faire passer un morceau de pipeau pour thème héroïque. De la simple mélodie discrète à la bataille testoréronée, tout est maîtrisé à la perfection.

Maintenant, parlons technique. Niveau gameplay, le jeu utilise un système de combat tellement simple et intuitif qu’on se demande pourquoi il n’a pas été utilisé comme référence du genre. Vous pouvez assigner un objet ou un sort par main, ce qui fait que vous contrôlez chaque main indépendamment (à l’exception des armes à deux mains). Qui plus est, il est possible de combiner deux sorts en sélectionnant les deux mains à la fois. Le gameplay est très accessible. Niveau histoire, je n’ose m’avancer. Ma connaissance limitée en contexte de la série m’empêche d’apprécier le background global. Tout ce que je peux dire (et qui est expliqué au travers de romans), c’est que l’aventure se passe 200 ans après Oblivion. On commence comme d’habitude avec un prisonnier, qui cette fois est condamné à mort. Alors que le luron s’abaissait sur l’échafaud, un dragon énorme atterrit sur la ville et fait un putain de carnage. On réussi à s’échapper des flammes destructrices du reptile volant, et commence une quête sur l’origine du réveil des dragons, censés être disparus depuis des siècles. Le pays de Skyrim est en proie dans une guerre civile qui oppose l’Empire (le gouvernement, venant de Cyrodiil) et les Sombrages (les rebelles, d’origine Nordique). Autant dire que tout le monde est un peu zazou (il n’est pas rare de voir quelques énergumènes appeurés virevolter en slip dans la plaine enneigée). Finalement, il nous est donné le choix d’intégrer l’une ou l’autre faction et de résoudre la guerre civile à force de conquête militaire.

Les quêtes daedriques sont de loin les plus fun et nous offre quelques moments d'absurdités sympathiques.

Parallèlement, le jeu s’adapte à votre niveau. Cela signifie que sur l’ensemble de la zone de jeu, un loup restera toujours facile à tuer et un maître vampire toujours une torture. De plus, et je passe du coq à l’âne mais nanafoute, toutes les villes et plus encore possèdent des ateliers où vous pourrez tanner du cuir, forger des armes et des armures et les améliorer grâce aux compétences de crafting, grâce aux lingots, au cuir tanné, ou même aux âmes ennemies pour enchanter les armes (ce qui leur donne des bonus de dégât de glace par exemple). Tiens, et puisqu’on enchaîne les choses sans rapport, je vais maintenant vous parler du système de montée de niveau, que j’ai trouvé assez original. Vous disposez de plusieurs compétences, qui vont du maniement de l’arme à deux mains à l’enchantement des armes, en passant par le vol à la tire ou l’éloquence. Par exemple, à chaque fois que vous parez un coup ennemi avec un bouclier, votre barre de compétence de parade augmente. Lorsqu’elle est pleine, vous gagnez un niveau. On pourrait penser qu’il suffit de spammer toutes les compétences pour augmenter rapidement son niveau, mais c’est plus compliqué que cela. En effet, suivant votre style de jeu, vous serez amené à utiliser davantage de magie, ou à l’inverse davantage d’archerie, ce qui fait qu’il est très difficile de ne pas se concentrer sur quelques compétences. Ainsi, on peut dire que le système est bien équilibré.

Skyrim n’est pas le jeu parfait. Je regrette, mais il n’est pas abscons de défaut. Baisse de FPS lorsqu’il y a un peu trop de particules à l’écran, incohérences de scripts et d’IA (on peut facilement créer une bagarre dans un bar en faisant tomber des choux par terre), problème de physique avec les chevaux, mauvais équilibrage des partenaires, boobs trop petits, bref quelques problèmes peuvent parfois faire râler (ou pleurer de rire). Face à cela, un argument imparable existe : attends le mod. En effet, la communauté derrière peut combler les défauts en développant des mods en tout genre. Finalement, au bout d’une dizaine de mods corrigeant des petits tares, je pense sérieusement que le jeu parfait peut être atteint. Alors oui, je sais, c’est facile de dire ça, mais que voulez-vous répondre à cet argument ? Je n’aurais pas craché sur quelques éléments, comme le fait de pouvoir combattre à cheval, le fait d’avoir du matériel d’escalade etc, mais de toute façon il y aura un mod.

Alors oui je sais bla bla bla, encore un billet gentil, mais je dis pouet. Sur ce, je pars reconquérir ma terre natale avec Claude Guéant, épée à la main.

Grrrichka

A la frontière de l’étrange et du paranormal, il y a un trou.

Oui voilà je suis comme ça moi, je commence direct pif paf, sur un truc totalement mystérieux à connotation malsaine. Bien sûr, j’aurais pu vous parler de mon énième récit épique journalier, pourfendant la monotonie d’un geste d’esbroufe stylistique. Mais pas aujourd’hui. Au contraire, j’ai décidé du haut de mon piédestal de marbre de vous violer sans aucune retenue, à partir du même comportement que je dénonçais au précédent billet, de vous accabler sauvagement par une phrase d’accroche dont vous venez à l’instant de perdre le contenu.

Dans le fond, la gentillesse serait de bonne foi. J’aurais très bien pu demander votre avis avant de commencer, mettre un peu de vaseline pour débuter et/ou faire une introduction progressive dans la folie. Mais non, le seul défaut de ce raisonnement c’est que je n’ai que faire de vos problèmes de trou.

En parlant de trous, revenons à notre accroche. Je parlais d’étrange, de paranormal, de vortex complètement abusés et de tourments d’esprit. Tout ceci n’est pas dit par hasard, car je viens de tomber dans un trou.

La chute n’arrêtait pas, interminable et angoissante, dans un noir complet teinté de fumée violette, dans une ambiance bouillonnante et traumatisante. Le tourbillon d’angoisse narguait mon ego, fort bien rabaissé pour le coup. Une odeur saillante me perçait les narines pour y crever le sens olfactif.

La musique me pénétrait au plus profond de mon enveloppe charnelle. Elle me déchira les tripes, les réduisit à néant pour les écraser sous un poids massif.

Cette longue description infernale pourrait être résumée en quelques mots seulement : j’ai écouté Nostril.

Un ogre avec un caniche, tout va bien.

Nostril, c’est l’album d’Igorrr. Un type français qu’on sait pas trop qui il est, ce qu’il fait et pourquoi il fait ce truc qu’on sait pas ce que c’est. Vous suivez ? Non ? C’est normal. La musique d’Igorrr peut être classée dans l’indescriptible, sorte d’hybride douteux entre de l’electro, du breakcore et du vocal baroque ; le tout donne une solution dont la couleur n’a pas été encore défini à ce jour. Jimmy Wales appelle ça du « ketchup core », soit, j’en prend bonne note. Tout frais sorti de l’an 2010, Nostril est le prédécesseur de Poisson Soluble/Moisissure disponible sur Deezer depuis le 14 novembre dernier.

J’aime bien les embryons. Métaphoriquement, un embryon est une création en germe qui peut à tout moment révéler son potentiel pour faire surgir un florilège d’innovation. Seul l’esprit humain est capable de créer de tels phénomènes. Nostril est un embryon de musique angoissante et intrigante. Paradoxalement, elle en devient agréable par son côté ovni. Évidemment, il faut aimer goûter à de nouvelles saveurs, il faut apprécier les voyages vers l’inconnu, et accessoirement avoir un côté masochiste pour tomber dans un trou infernal volontairement. Tout ceci pour dire qu’un tel saut dans le vide est exemple de courage et d’ouverture (de cœur ou d’esprit, je ne sais pas).

Bref, je me rend compte que j’ai réussi à tenir quasiment une page sans vous avoir véritablement décrit la bête. Bizarrement, j’écris ce billet sans avoir grand chose à en dire. La faiblesse du langage humain est pointé du doigt lorsqu’un nouveau genre apparaît. Comment décrire Igorrr ? En tant que « ketchup core » ? Allons, ce n’est pas sérieux ; ne donnons pas des termes à l’aveuglette sans les remplir de sens concret. C’est au final un vrai exercice de style que de décrire une chose nouvelle.

Globalement, l’album se construit sur le principe de la surprise, de l’inattendu. Lors de ma première écoute, je n’avais aucune idée du son qui allait sortir la seconde suivante. Pire encore, c’est que j’ai été surpris à chaque seconde, pas seulement par le côté ovni, mais aussi par une variété de techniques musicales. Sorte de patchwork de sonorités, tout est finalement intrinsèquement relié par un fil d’argent pour créer un drap uniforme.

Puisqu’il faut toujours apporter une objectivité à la chose, je ne peux pas mentir sur le fait que la deuxième moitié de l’album m’a moins marqué que l’accroche, sans pour autant me décevoir. L’album commence en fanfare avec trois titres accrocheurs : Double Monk, Tendon et Excessive Funeral. Ces trois pistes donnent tout de suite le ton bizarroïde qui va dominer tout le long de l’album. Seul exception cependant à Excessive Funeral qui lui est teinté de cris métalleux.

http://www.youtube.com/watch?v=g85LqKXIgvY

http://www.youtube.com/watch?v=gWca1X7nFGo

http://www.youtube.com/watch?v=GfHvl6wjRRA

Ensuite, et Very Long Chicken marque la transition, j’ai eu l’impression de voir tournoyer des influences beaucoup plus funk, mais toujours dans un contexte de folie musicale. Je ne peux pas nier néanmoins la liberté d’interprétation que dégage une nouveauté, donc sur ce point là il est tout à fait possible d’observer une sonorité relative.

http://www.youtube.com/watch?v=gpGaIIziBqE

Exception à l’exception, Pavor Nocturnus insiste beaucoup plus sur le baroque et les vocals qui vont avec ; je ne vais pas m’en plaindre car je suis friand de ce genre de gâteries.

http://www.youtube.com/watch?v=fCakBQPKY_M

J’ai été moins surpris par la suite. J’ai l’impression qu’Igorrr s’est retenu en terme de délire dans la deuxième moitié. Les samples sont plus convenus et la sonorité plus radiophonique ; un comble pour un créateur break core. En effet je le rappelle, le break core est un mouvement de contestation contre les bouses de radio se traduisant par des sons très détachés et inattendus. Pour revenir à l’album, j’ai eu le sentiment que la créativité tournait un peu en rond.

C’est dommage d’ailleurs ; cela me fait presque peur pour la suite. Un tel style ne peut rester qu’underground. C’est la dure vie des œuvres d’auteurs.

Ainsi donc disais-je, à la frontière entre l’étrange et le paranormal, il y a un trou.

Ce trou béant est la porte ouverte à l’ingéniosité créatrice du « ketchup core ». Quoi qu’il en soit, Igorrr a un trou bien profond.

Hmm hmmmmm.

En novembre, on met les pendules à l’heure.

Pleins de bisous, arcs-en-ciel et génocide.

Je tiens à préciser avant de commencer les mots d’esprits faciles que je ne ferais pas de sous-entendu morbide durant ce billet. Si, si, c’est possible. Mais pour me faire pardonner, vous en aurez deux fois plus la prochaine fois.

Ainsi donc me revoilà et mes billets moisis, toujours prêt à faire l’hilarité des uns et des cas (et des incas). Tout va bien dans ma petite existence, j’ai une bière dans une main, l’autre dans l’Athena, affalé sur un canapé tel un mollusque dégoulinant, me paupérisant par mon absence de quelconque travail.

Pourtant, la vie n’est pas facile, il faut bien la suivre des yeux (cils…yeux, vous saisissez?). J’avais beau me retourner le cervelas toute la sainte journée (non ce n’est pas une métaphore malsaine, calmez-vous), je ne trouvais pas de thème pour ce billet.

J’ai tout essayé : médecine chinoise, médecine thaïlandaise et même médecine pakistanaise, c’est dire. Le choix ne venait pas ; esbroufe qu’est cette fichue inspiration ! Si adulée et pourtant si méprisable et limitée.

Alors bon, je me suis dit que j’aurais pu sortir, me balader nu dans les herbes hautes à caresser le blé de mes petites poignes. Enfin flûte ! faisons fit des foutaises ! Ce n’est pas en me caillant le pie (pie, vache, lait, lait caillé, caillant, vous saisissez?) que je vais trouver une source d’écriture.

Surtout que l’article qui devrait être devant vos yeux aujourd’hui aurait dû être une review d’une monstruosité culturelle. Ooooh oui vous êtes déçu, bandes de malpolis assoiffés de contenu ! J’ai une excuse préparée à l’avance : je n’ai pas trouvé de matière à cracher. Pourtant j’ai cherché hein, mais j’ai l’impression que le sort s’acharne sur le pauvre petit être en mal de sous-culture : moi.

J’ai vu trois épisodes de « L’incroyable famille Kardashian » sans succès, le film de Morsay qui tarde à sortir (et que j’attends avec la plus grande impatience), bref je suis triste bouh bouh snif snif. Il y avait bien Dream House, avec cet autiste de Daniel Craig, mais bon j’ai déjà vu la bande-annonce qui raconte la fin. Depuis Suck My Geek, je n’ai cessé de lire de bonnes BD, de bons bouquins, de voir de bons films, bref d’avoir du plaisir autre qu’orgasmique. Finalement, je suis très déçu de cette période noire.

Qui voudrait d’un monde utopique à part quelques illuminés que je ne citerais pas ? Qui voudrait toujours être baigné dans un univers niais et répugnant, plongé dans des caches-consciences, immergé dans une mer de merdes appréciables ? Travailleurs, travailleuses, on vous ment ! On vous spolie ! Un monde bon, où toute la culture serait d’une qualité exemplaire est juste tout ce qu’il y a de plus pitoyable, méprisable. Où est l’objectivité dans un tsunami de qualité ? Peut-on vraiment y voir clair dans une buée de vertu ? Et NON je n’utilise pas le champ lexical de l’eau pour rien. Je suis abasourdi de cette vague d’abrutis, clamant haut et fort que je n’aime rien ! Je suis submergé par un torrent de critiques houleuses, et je suis colère.

Ces gens n’ont absolument rien compris : j’aime ce qui est bon et j’aime ce qui est mauvais car cela me permet d’apprécier ce qui est bon à juste valeur. Doit-on confier la revue culturelle à des individus qui ne sont jamais sortis de leur tour de marbre ? Un peu de sérieux. C’est le but ultime du Bog’s View : mettre une pile dans la lampe torche qui réveillera le flambeau de la vérité.

C’était un coup de gueule, mais il était mérité. De nombreux reproches m’ont été consacrés quant à mon caractère agressif. Qui aime bien châtie sauvagement, c’est bien connu.

Oh et tant que j’y suis, une nouvelle catégorie est apparue sur le blog “sauce, thé et société” : la catégorie à lire en sirotant un petit thé après un repas copieux.

Suce mon Joystick

L’autre jour, l’équilibre du cosmos était en péril.

J’ai vu une grand-mère qui voulait traverser une grande route, mais vu qu’elle marchait avec un youpala déambulateur, ça me semblait difficile de la laisser slalomer entre les poids lourds. J’ai pris mon courage à deux mains ; comble de l’histoire, elle a finalement pu traverser, sans que je la laisse en plein milieu se faire écraser comme une poitrine de planche à pain.

Miséricorde, que m’arrive-t-il ? J’ai aidé quelqu’un ? De surcroît, une personne âgée qui allait sûrement crever dans les jours qui suivent ? La balance du cosmos était penchée vers la bonne action, le risque est de créer un désordre intersidéral.

Du coup, une fois chez moi, j’ai voulu faire plein de choses mauvaises : martinet à la main, traces rouges dans le dos, vous connaissez l’histoire. Le problème, c’est que je n’étais pas rassasié (mon corps de titan peut quand même supporter plus d’une trentaine de flagellations, si si c’est vrai !). Alors il me fallait quelque chose qui me fasse bien mal, quelque chose qui me mette hors de moi pour que j’oublie cette foutue vieille dame une bonne fois pour toute.

Et j’ai trouvé. Quelque chose qui allait me faire mal, mais à un point ! Nenni de la douleur physique, place à la psychologie. Mesdames et messieurs, j’ai voulu regarder un reportage sur les geeks.

Non parce que oui, replaçons les choses dans leur contexte. Le mardi 18 Janvier 2011, la ô combien merveilleuse chaîne réputée pour rétablir un peu trop souvent l’équilibre du cosmos TF1, avait diffusé un reportage exclusif sur les coulisses du jeu vidéo et des “dangers” de celui-ci (dès le titre, ça envoi du lourd). Laurence Ferrarri, qui en connaît autant en pixel que moi en fabrication traditionnelle de tabourets, faisais part des dangers extrêmes de violence chronique après une partie de Wii Sports Resort (surtout le mini-jeu du canoë, à ne pas mettre entre toutes les mains). Le reportage donnait la parole à des abrutis membres d’une conférence où un gourou leur disait que si l’enfant est passif face à sa télévision, il est accro et doit suivre un programme psychologique de redressement dans un camp en Allemagne (alors que c’est complètement con, le type qui regarde la conférence est passif également, même qu’on appelle ça la concentration, je vois mal quelqu’un lire un bouquin en dansant la salsa du démon) ; le tout saupoudré de plans de caméra vers la nuque de joueurs, pour bien faire sentir à ce cher téléspectateur, affalé sur son canapé se tripotant le ratatoin en pensant à Laurence Ferrarri, qu’un joueur est un criminel honteux préférant se cacher. Cette oeuvre journaliste composé de “Heavy Rain a coûté beaucoup d’argent, c’est quand même pas folichon de dépenser autant de pognon pour rendre des gens épileptiques alors qu’on pourrait utiliser ce blé dans des actions plus utiles : le botox ouvert à tous par exemple, ça au moins c’est utile et sans danger !” ne montre quasiment que des images de FPS guerriers et de WoW avec des mages LvL 300. Dans tout les cas, donner la parole à un type qui sèche les cours pour un cyber café est très représentatif de la jeunesse actuelle et du public gamer : c’est de l’art journalistique, un tel professionnalisme me sidère.

"Et maintenant voici notre reportage choc en immersion sur l'incompétence professionnelle"

Si vous n’avez rien à perdre, voilà le reportage en question : http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-20-heures-du-18-janvier-2011-6227691.html

Oh et s’il vous plaît, si vous êtes assez fou pour regarder, ne matez pas tout le “journal”, passez à la partie susnommée (26 min 09).

Ainsi donc toutes ces images remontaient dans mon esprit et m’affublaient d’envie de meurtre. Il me fallait aller encore plus loin, alors j’ai décidé de chercher sur Internet un autre reportage, cette fois non pas sur les gamers mais sur l’univers geek.

A force de recherche, et ne me demandez pas mes mots clés vous en serez choqués, je suis tombé sur le documentaire intitulé Suck My Geek.

Pour reprendre une expression trouvée dans un autre roman de Werber (dont je ne vais pas faire la review, calmez-vous les histériques) : “Vous savez comment faire du mal à un masochiste ? C’est très simple, vous lui faites du bien”. Ou quelque chose comme ça, mais c’est l’idée. Dans le fond, il n’a pas tort, parce que c’est bien beau de dire que ses bouquins sont à chier, ça n’empêche qu’on peut trouver une phrase intelligente de temps en temps.

Figurez-vous que ce reportage fut un bien fou pour l’équilibre du cosmos, une sorte d’hybride entre le mal et l’excellent, pour reprendre l’image de Werber.

Werber, d’ailleurs, fait une apparition dans le reportage. Vous pouvez vous demander qu’est-ce qu’un putain d’écrivain vient foutre dans un reportage sur les Jeux de Rôle, sur Star Trek et sur la programmation en C++, mais dans le fond il apporte vraiment cake chose. Il donne une vision profonde au sujet.

En effet, ce reportage va plus loin que les enquêtes classiques dans le sens où il n’enchaîne pas les interviews et témoignages à la suite. Oh, les handicapés ne verront que cet aspect, mais quelqu’un avec un minimum de réflexion verra que le reportage apporte une dimension plus psychologique au sujet ; on ne parle pas seulement du geek, mais également de sa place, de sa vision du monde, on voit des ex-geeks, des nouveaux geeks, des geeks de tout bord avec des activités diversifiées (cela passe du cosplay au vendeur de comics en passant par le rôliste grandeur nature).

Toutefois, ce qui m’a le plus marqué est l’absence total de jugement par la place quasi inexistante de narrateur. Pas de chat de Schrödinger comme sur TF1 où l’on commente bêtement l’animal dans la boîte. Nous sommes à des années lumières de l’amateurisme : on voit parfaitement que les témoignants n’ont pas été choisis par hasard, tout porte à une certaine cohérence. L’ordre des interviews est fait de manière à comprendre qu’aujourd’hui, il y a plus de sortes de geek que de personnes sur Terre. C’est d’ailleurs bien précisé au départ : “on ne peut donner de définition au geek puisqu’il est relatif au vécu de l’individu”.

Bon, autant vous dire que je suis loin de l’univers présenté dans ce reportage. Limite, je lis quelques comics et je me travestis dans des cosplays moulants une ou deux fois par an, mais sans plus.

Oooh bien sûr, je pourrais vous donner le lien du reportage, mais ah ah ! Je devrais encore réparer l’équilibre du cosmos.

http://speed.dattebayo-fr.com/videos/suckmygeekdbfr.html

…Où ais-je mis ce martinet ?

Houdini me voilà

Magie magie.

Quand j’étais gosse, je voulais faire magicien, juste pour pouvoir faire une multitude de simagrées avant de faire disparaître une carte juste pour que le spectacle dure une minute de plus. Je voulais découper des gens en public pour que celui-ci m’applaudisse. Je voulais inviter un type qui s’appelait Gérard sur scène et faire comme si je lisais dans ses pensées. Je voulais faire plein de tours de cartes en ne me posant pas une seule seconde la question de l’utilité de mes actes.

Non, vraiment, magicien c’est un métier jouissif. En fait, mon plus grand fantasme était de passer dans le plus grand cabaret du monde sous les encouragements de Patrick Sébastien avec une musique techno immonde en fond.

L’équilibre, l’adresse, la force, c’est pas trop mon truc. Le magicien, il vient tranquille sur scène et à partir du moment où il sort une colombe de sa manche son ego croît considérablement sous les acclamations de la salle.

Bref, tout ça pour dire que le thème du blog a changé, comme par magie. Vous l’avez sûrement remarqué, mais c’est toujours utile de le préciser pour les nouveaux venu(e)s. Sachant que le blog est relativement nouveau, j’estime pouvoir me permettre des petites folies du genre. Plus sérieusement, j’ai choisi ce thème car il m’offre plus d’option de customisation (tuning de blog) tout en gardant la clarté d’antan.

En espérant toute votre clémence, je sais que certains de mes lecteurs sont des vieux cons aigris par le temps (pour ne citer personne).

Et l’autiste se regarda dans un miroir.


Comme dirait DSK, “cette fois-ci, c’est la bonne !”

En effet, chose peu commune à mon égard, j’ai lu un roman. Dis comme ça, je passe pour un autiste qui “n’aime pas lire” parce qu’il y a “beaucoup de pages”. Mais maintenant, je peux bomber mon torse sereinement et lever ma trompe droite vers le ciel afin d’exprimer ma fierté, mon accomplissement ultime, celui d’avoir lu un putain de roman de 632 pages, et ce sans image.

Bon, c’est vrai, encore une fois je l’admet, je m’y connais très peu, j’ai peu de références etc. Néanmoins, cela ne m’empêche pas de savoir si oui ou non ce livre mérite d’être recyclé en rouleau de PQ doubles épaisseurs.

Histoire de prendre une valeur sûre, j’ai pris un auteur dont j’ai énormément entendu parler, un français connu dans le monde, celui qui a écrit le fameux Cycle des Fourmis, je veux parler bien sûr de Werber avec son avant-dernier bouquin, Le Miroir de Cassandre.

La vrai cause de Fukushima, n'en déplaise à Bruce Lee.

Je vais vous dire une chose, Monsieur Werber, j’ai eu la foi jusqu’au bout. Jusqu’à la dernière ligne, je me suis dit que peut-être une étincelle d’intérêt viendrait déclencher le feu de mon coeur. Jusqu’au dernier mot, j’ai eu foi en votre personnage principal, Cassandre ; je pensais que peut-être à la page suivante le charisme qu’on attend tous allait ressortir. Alors j’ai lu. Je me suis forcé. C’était dur ; sorte de Man VS Wild de bibliothèque, j’ai réussi à supporter votre livre. Pire encore, vu qu’il fait 632 pages, il est trop gros pour être réutilisé en cale de table. Malgré l’immondice de l’écriture, malgré l’absence du moindre intérêt pour votre héroïne, malgré les clichés qui fusent de toute part, malgré l’histoire bourrée d’incohérence (j’ai même lu votre pavé vantant votre “immersion”), j’ai tout lu. Monsieur Werber, vous qui aviez une réputation d’écrivain modèle avec votre cycle des Fourmis, vous m’avez déçu. Lorsque j’ai fini le massacre sur la scène minable du baiser sur Montparnasse, j’ai empoigné le bouquin, j’ai voyagé jusqu’au Japon afin de me séparer le plus loin de votre odeur, j’ai lancé de l’avion le livre dans une centrale nucléaire à Fukushima, cela a créé une réaction étrange (vous connaissez la suite). Tous les jours je déposais ma pèche entre deux pages, pour être bien certain de ne pas relire ce livre que je vais désormais nommer le livre de la Honte.

Reste à savoir pourquoi le livre de la Honte a obtenu ce surnom. Tout d’abord, je ne pourrais bien évidemment pas oublier de parler des horribles clichés qui régissent l’histoire. Attention, là c’est vraiment du lourd, et je ne dis pas ça parce que je viens de zapper sur Mademoiselle Joubert. De tous les personnages clichés, je crois que nous avons atteint le summum de la caricature avec Kim ; Kim est un coréen de 6 – 7 ans qui ne supportait pas le régime de dictature de son pays, alors il a fait le voyage de Corée jusqu’en France en barque (jusqu’ici, tout est norm…oh wait, un gosse de 6 ans qui a déjà des idées de révolution politique et qui traverse plus de 10000 kilomètres sur un radeau de fortune en ramant avec deux bouts de bois trouvés dans la forêt pour arriver en France pèpère). En France, il trouve le boulot d’informaticien dans une banque (ça alors ! Il aurais pu être tout simplement serveur, mais non, un chinois est forcément dans les technologies ; merci Werber pour cette leçon sociologique. Qui plus est, je vois mal une banque embaucher un jeune Coréen immigré pour vérifier les comptes alors que c’est quand même hautement protégé ; De toute évidence, embaucher quelqu’un de compétent avec de jolis diplômes c’était pas assez rigolo, Monsieur le Directeur aime bien les farces hihihi) et utilise son boulot pour infiltrer les bourses coréennes (Qu..heu…quoi) afin de “faire subir sa vengeance contre la dictature”. La plaisanterie va trop loin, et Monsieur le Directeur (aussi appelé Monsieur Loyal) n’est pas content du tout : il décide de virer Kim. Alors Kim se dit que pouet, j’ai essayer de faire une faute d’ordre internationale en faisant plonger le système monétaire mondial mais personne ne veut rire à mes blagues donc je dis caca boudin au système. Il se réfugie dans un dépôt d’ordure, qui est déjà habité par les autres personnages secondaires clichés du livre de la Honte. Kim doit se défendre contre les créatures hostiles du dépôt comme les rats et autres conneries, alors pour ça il utilise un (accrochez-vous bien c’est du puissant) putain de nunchaku. Oui, oui, il aurait pu utiliser une arme qu’on trouve facilement en armurerie ou même un couteau, mais non, tous les coréens sont experts en arts martiaux grâce aux films de Bruce Lee. Comme c’est un génie en informatique (Hmm hmmm) il installe une dizaine de PC connectés à Internet, parce que c’est bien connu, les dépôts d’ordures ont un très haut débit ; de surcroît, il met en place tout un système de caméra de surveillance pour ne pas être dérangé alors que deux pages plus loin il indique que “personne ne connaît ce lieu à part les gitans qui ne leur feront aucun mal”. Bref, toute une panoplie de clichés, d’erreurs et de non-sens total. Qui plus est, j’ai développé Kim le coréen, mais j’aurais tout aussi bien pu parler de Fetnat, le noir marabou et qui fait des potions africaines ou d’Esméralda, la prostituée qui lit des magazines people, ou même encore d’Orlando, le gros blond viking qui bat les rats à la hache et à l’arbalète. Tout est prétexte à forcer le trait, pour le plus grand agacement du lecteur.

Kim n'est pas content : il a découvert que son personnage ne sert à rien à part rajouter des incohérences.

Face à ces débris secondaires, il reste néanmoins le personnage principal, c’est à dire Cassandre. Comment vous décrire Cassandre ? Disons simplement que c’est une idiote bodybuildée (elle ligote des gens avec des rideaux et arrache des lobes d’oreille), et, par dessus le marché, complètement autiste. Je ne dis pas ça pour me moquer, bien au contraire j’ai un grand respect pour tous ces animaux. Non, là, elle est vraiment autiste. Oui enfin heu bon, s’il suffit de faire des rèves pour être autiste, je suis un grand malade mental. Cassandre, qui est théoriquement supérieure dans l’intellect, se contente toutes les cinq pages de faire un rève avec la Cassandre de la mythologie où elle voit des attentats terroristes tout proche (d’ailleurs c’est complètement con, tous les attentats se déroulent autour d’elle, à une distance de quelques lignes de métro ; à sa place j’aurais préféré un super pouvoir un peu plus convaincant, du genre endormir les gens (je ne dis pas ce que je fais ensuite)). Bref, elle voit le futur, et comme elle est complètement conne et qu’elle ne se sert pas de ce pouvoir pour dominer le monde (par exemple en se concentrant sur les résultats d’Euromillions), elle a pitié des gens et préfèrent jouer aux démineurs parisiens. Problème à tout cela, elle le dit à plusieurs reprises au début, elle possède un “périmètre de sécurité dans lequel personne ne peut entrer”, mais apparamment ça n’a pas l’air de la déranger plus que ça puisqu’elle baignera à trois reprises dans la foule sans broncher. Autant dire que le personnage de Cassandre manque cruellement de charisme et nous fais chier plus qu’autre chose. 

Paradoxalement, il y a un personnage charismatique dans l’histoire et cela en constitue un défaut majeur : il s’agit de Daniel, le frère de Cassandre. Sérieusement, Daniel, peut-on faire plus badass que lui ? Le hic, c’est qu’il se suicide au début et on ne le voit que par brefs moments. C’est un enfant autiste comme Cassandre ayant vécu dans l’étude de la science-fiction et des probabilités. Il est donc devenu un professionnel du calcul et a créé une montre capable de déterminer les chances de survie dans les 5 secondes qui suivent, tant qu’on est sous vidéo-surveillance. L’idée est intéressante, sauf qu’elle n’est pas du tout exploitée ; j’aurais aimé une description sur la longueur de l’aspect psychologique : comment Cassandre réagit quand elle possède l’objet, au plus profond d’elle ? On ne le sait pratiquement pas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’elle suit aveuglement la montre en répétant que “son frère est un génie bla bla bla”. Daniel est un putain de créateur génial qui a révolutionné le monde des probabilités. En voulant la tester, il se lance du haut de la tour Montparnasse afin de déterminer ses chances de survie durant la chute. Ding dong ! Serait-ce une incohérence ? Sachant qu’il faut une caméra pour que la montre fonctionne, est-ce qu’une caméra peut détecter un corps en chute libre ? Aucune mention sur le frottement de l’air sur sa peau qui doit déchirer à une telle vitesse. Mais Werber est un spécialiste, c’est vrai, il l’écrit à la fin donc c’est vrai.

Tant que j’y suis à pécher des erreurs, une autre est extrêmement flagrante : Cassandre et sa troupe de clochards puant vont partout. Ca ne choque personne de les voir entrer dans Montparnasse, prendre l’ascenseur, monter sur le toit ? Je croyais qu’il y avait des caméras partout pour les montres. apparemment, les gardes sont aussi des plaisantins hihihihi.

Comme je suis quelqu’un de courtois et de galant, je vais faire fi des propos sur 2012, des pages entières et longues sur les mayas ou encore du sentiment étrange. Oui, vous savez, ce sentiment étrange qu’on a quand on découvre après 600 pages qu’un type pouvait tout dévoiler dès le début mais qu’il ne l’a pas fait pour une raison obscure. Ce type, c’est Papadakis, et c’est sûrement l’une des plus grosses têtes à claque jamais créée. Papadakis est un type qui connaît tout du passé de Cassandre, Cassandre veut savoir son passé. Il met 600 pages pour lui dire qu’il aurait du faire en 5 pages, bravo monsieur Werber, vous devriez faire scénariste de blockbuster.

Je ne lis pas souvent. Mais en même temps, quand je lis, je me fais chier, la faute à qui ? A hadopi (hihihi ça rime) !

Mein Kraft

Excusez l’absence de news, j’étais enfermé dans une cave (sacré Wolfgang Priklopil, va !).

Bref, il est grand temps de parler de Minecraft.

Parce qu’il le fallait. Un jour ou l’autre. Disons que je voulais aborder ce thème depuis très longtemps, même commencer les Bog’s View avec. J’avais écrit une moitié d’article, et en me relisant je me disais que non, ce que j’avais écrit ne reflétait pas la puissance du sujet ; j’ai donc tout effacé, avec l’espoir d’avoir le courage suffisant pour écrire à nouveau.

Le temps a passé et je suis devenu plus fort : preuve en est, j’ai vu les schtroumpfs. Maintenant, je suis capable de soulever des montagnes, des maisons, la Terre entière s’il le faut. Eh oui mes très chers et tendres amis, je joue à Minecraft.

Comme point de départ, prenons cette critique lue sur Senscritique, qui me semble d’une justesse à faire peur Christine Albanel :

http://www.senscritique.com/jeuxvideo/minecraft/6921280534337502/critique/ackboo/

Si un jour, alors que vous êtes guilleret dans la rue à observer les passants et les papillons, un affreux troll communiste vient vous interpeller et vous dis que Minecraft est un jeu de merde, faites comme moi : trucidez le et enfoncez lui le Blu-Ray des Schtroumpfs dans son bide déjà rempli de gras. Dites lui d’aller se faire foutre, d’aller plutôt jouer à Call Of Duty parce que quand même c’est bien d’avancer dans des couloirs et n’être que spectateur de scripts à la chaîne ou encore de mettre à jour sa carte du Parti. Parce que Minecraft, c’est un peu une putain de révélation pour quiconque y passe plus de 20 minutes. Les plus ignares qui prétendent que Minecraft est moche parce que c’est du gros pixel n’ont jamais grimpé en haut d’une montagne pour y contempler le paysage cubique ; le jeu a un presque un cachet artistique, une beauté sans pareille, une inspiration incommensurable.

Exemple typique de paysage Minecraftien.

Maintenant, faisons place à un minimum d’imagination, car il en faut. Le plus dur est de décrire Minecraft à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler. La comparaison la plus utilisée est celle-ci : vous prenez un set de Lego avec tout dedans, vous violez la boîte en carton avec n’importe quel PC, et puis vous y ajoutez des montagnes, des lacs, des forêts et tout le merdier. Grosso-modo, vous avez Minecraft. La différence avec Lego, c’est que ça fait pas mal aux pieds quand on marche dessus.

Développé par Markus Personn, alias Notch ou encore pour les plus fanatiques le Créateur, c’est un jeu PC (et exclusivement PC, j’insiste) à l’air rétro. Vous êtes un type cubique dans un monde composé de cubes et vous ne savez pas pourquoi vous êtes là, d’ailleurs vous vous en foutez. Il n’y a pas de scénario à part votre aventure. C’est assez abstrait à décrire, mais pour faire simple vous êtes un personnage random dans un monde quasi-infini random. Vous n’avez pas de but à proprement parler, si ce n’est construire. Là encore, le but n’est pas clairement précisé : faut-il construire quelque chose d’architecturalement nouveau, reproduire un monument existant ou bien faire un fort pour se défendre des monstres ?

En effet, il y a des monstres kifonpeur. Beaucoup. Tout le temps, ou presque. Ces satanés squelettes archers, zombies, araignées, bidules téléportatifs noirs ou autres symboles phalliques verts sortent sous chaque coin d’ombre. Le monde est extrêmement hostile. Alors oui, vous allez souffrir, alors oui vous allez mourir comme une merde en tombant dans un trou ou bouffé par un zombie hargneux, oui c’est hardcore. Mais bon Dieu, qu’est-ce que c’est bon ! Le système de combat, jusque là extrêmement basique, a considérablement évolué avec la dernière mise à jour en date, la 1.8. Comme si le simple fait de frapper des godemichés verts avec une épée en diamant ne suffisait plus, il a fallu ajouter des coups critiques (frapper en étant en l’air) et des coups repoussants l’adversaire (pendant un sprint).

Je vous vois, oui vous, dans le fond la salle ! Vous qui réclamez de la liberté d’action, Minecraft va satisfaire tous vos fantasmes. Vous pouvez tout faire, pas plus difficile que ça. De la grosse tour en cobblestone toute moche mais résistante au chalet champêtre en passant par un Colysée géant, vous avez de quoi faire. Le pixel-art est même possible grâce à la laine de couleur. Celui qui ne sait pas quoi faire sur Minecraft est soit trop fainéant pour trouver une idée de construction soit de mauvaise foi ; voire les deux. Bien sûr, la construction n’est pas le seul aspect de Minecraft –même s’il reste mon favori-, le côté exploration est parfaitement mis en avant. Le monde, dès qu’il est créé, est généré aléatoirement en quelques secondes. A vous les longues balades à travers vallées, montagnes, plateaux, déserts, mers et océans ou encore toundra enneigée. Les quelques musiques composée par C418 accompagnent les paysages avec brio, dans un esprit léger et apaisant.

Le gameplay, malgré les ajouts de combat, reste basique. On se déplace, clic gauche pour détruire un bloc, clic droit pour en placer un, et globalement c’est tout. Pendant le mode principal, il faut creuser, soit dans une mine artificielle, soit dans une mine naturelle béante (le godemiché vert sortant du trou de la mine est d’ailleurs très traumatisant), afin d’y trouver de précieuses ressources ; charbon, fer, “redstone”, or, lapis-lazuli, et comble du bonheur, du diamant. Néanmoins, la simplicité de gameplayest peut-être une force, notamment pour l’accessibilité. Le jeu prend tout son sens une fois en multi : faire sa ville, pourquoi pas avec un système role-play, c’est quand même diablement bon. De plus, la communauté de joueurs est énorme derrière ce jeu indépendant, ainsi de nombreux mods (pour le contenu), pack de textures HD, cartes spéciales à visiter ou à énigmes style Portal sortent chaque jour. Le contenu de Minecraft est continuellement renouvelé pour apporter un plaisir de jeu permanent.

La dernière mise à jour en date, la 1.8, est un pastiche de nouveautés rajoutant toujours plus de contenu, de plaisir de jeu et de soif d’architecture cubique. Une pléthore de nouveaux objets apparaissent, des villages de PNJ, de nouveaux environnements, de nouveaux mobs hostiles et un groin sur les cochons (j’insiste pour le groin). Une barre de faim fait son apparition, un nouveau système de lumière qui donne lieu à des couchers de soleil splendides, la capacité de sprinter, de charger son arc, de récolter des points d’expérience, de jouer en mode “creative” pour voler et faire spawner les objets, et surtout un petit groin sur les cochons (oui, je le répète, mais c’est quand même super important).

Je ne vous oblige pas à jouer à Minecraft, après tout, vous êtes libre d’avoir une vie complètement inintéressante. Tout ce que je peux dire, c’est que je m’amuse comme un petit fou sur un jeu codé en Java où l’on pose des blocs de bouse partout.

Bonjour je suis un garçon et je m’appelle Bleu.

En fait, les schtroumphs le film c’est un bon divertissement. Que l’on soit petit ou grand, le plaisir de se replonger dans l’univers des petits êtres bleus est magnifique. Le film offre un bon compromis entre souvenirs d’enfance et vent frais en amenant les petits schtroumphs dans New York. J’appréhendais grandement le film avec la peur de tomber dans du n’importe quoi, mais au final je ne suis pas déçu, je me suis amusé du début jusqu’à la fin. Les nouveaux personnages sont attachants, j’ai ris à gorge déployée aux mimiques de Gargamel et d’Azrael. On ne pouvait pas rendre le schtroumph maladroit plus mignon que ça ; Les références à la BD sont légions, j’ai retrouvé toute mon enfance dans les discours sages du Grand Schtroumph, des râlements sympathiques du schtroumph grognon et des précisions attachantes du schtroumph à lunettes. Tout ce que je viens d’écrire depuis le début est faux.

J’ai décidé de troller durant mon début d’introduction parce que ce film est le plus troll jamais fait. Il a détruit, que dis-je ! Catapulté un être humain au fin fond des entrailles de la Terre, dans les profondeurs extrêmes de l’enfer. Les Schtroumphs est un film réalisé par Belzébuth lui-même.

Comment dire…C’est…Rooo et puis allez merde, je me lance ! Ce film m’a brisé, il a brisé tout ce que j’avais, tous mes rêves d’enfant, tous ces moments d’innocences à lire une BD de Peyo, tous ces moments de joie à voir un film à l’origine pour gosse au cinéma ; Oui, ce film n’est qu’une putain de Schtroumph !

A la sortie de mon siège douillet, j’avais une envie furieuse de passer un village champignon au karcher, de trucider tous les clochards de la ville pomme ou encore de torturer des gosses jouant à chat lors d’une colonie de vacance. Rien au monde, et je dis bien RIEN au monde ne m’a plus trollé que les Schtroumpfs le film. Moi qui m’attendait à du grand 7ème art, j’ai eu affaire à la plus grosse calamité, un séisme de merde dégoulinant, comme si l’on avait rempli à ras-bord un mixeur de diarrhée ensanglantée. Le créateur de cette immondice, Raja Gosnell, devrait être enfermé dans une cage électrique pour être balancé dans un trou à rat et d’être condamné à voir Dragonball Evolution en boucle. Je vais le tuer…ou non, justement, je ne vais pas le tuer ! Je vais le laisser mourir dans sa cage jusqu’à ce qu’il s’enfonce des graines de moutarde dans les orbites ; voilà ma vengeance pour tout ce que tu m’as fait subir.

Tout est prétexte à massacrer la licence. Incohérence dans le film lui-même et avec la BD, fan-service inexistant, musiques honteuses, design affreux, scénario en mousse. Du coup, trois mots vous viennent lorsque le générique se finit (soit dit en passant, c’est le générique qui m’a fait le plus revivre l’esprit de Peyo) : Nonmaisouibiensûr, Koi et FUUUUUU.

Déjà, rien qu’en voyant l’affiche, il y a une putain d’incohérence : UN SCHTROUMPF ROUX AVEC UN KILT ? Attendez une minute. Sérieusement. Qui a déjà vu un schtroumph écossais ? Qui a déjà considéré qu’il manquait un schtroumpf écossais au village ? En plus, ce n’est pas comme si ce schtroumph était juste un putain de figurant, oh que non, c’est un des personnages principaux ! C’est incroyable, qui a bien pu avoir une décision aussi conne ? Ooooh, pardonnez moi, en fait il s’agit du “schtroumph téméraire”…MERDE, quitte à prendre un schtroumph qui est un peu aventurier, autant prendre le schtroumpf costaud, au moins il est connu de tous et il est adapté au rôle ! Mais non, on nous met un schtroumpf inutile et random sorti de nul part. Bien bien bien, nonmaisouibiensûr. La troupe principale est composée de 6 schtroumpfs : le grand schtroumph (le seul a avoir sa voix d’origine, bravo les mecs j’applaudis), la schtroumpfette (qui est encore plus cruche, plus conne, plus débile, plus gnangnan que jamais), le schtroumph maladroit (dont les gros plans sur sa face de trisomique est toujours l’objet de mes cauchemars actuels), le schtroumph grognon (qui ne sert ABSOLUMENT à rien, seulement quelques phrases du genre “moi j’aime pas bifler Gargamel” au début, mais après plus rien, le vide, le néant), le schtroumph à lunette (le maître absolu de la warp zone temporelle et spatiale, le chef-d’ocherstre de la majorité des incohérences) et ce putain de schtroumph avec un kilt. Gargamel habite en haut d’un précipice alors que normalement ce n’est qu’une petite colline.

Je suis déjà à bout de nerfs.

Le scénario c’est les schtroumphs qui sont protégés par un mur d’invisibilité (première incohérence, jamais entendu parler de ça dans la BD) dont Gargamel trouve l’existence en suivant le schtroumph maladroit. Il détruit alors les maisons champignons qui arrivent à ses hanches (deuxième incohérence) avant de se faire poutrer par une poutre (hihihihi, sous cette blague moisie se cache une troisième incohérence, comme des schtroumpfs peuvent-ils déplacer un tronc d’arbre taille adulte, pour ensuite l’accrocher solidement en haut d’un autre arbre ?). Le barrage (qu’on ne verra jamais, malgré l’ultime importance de celui-ci dans l’univers) est sur le point de céder, tous les schtroumpfs s’y rendent, sauf le schtroumpf maladroit qui prend un mauvais chemin (la scène est d’ailleurs très nonmaisouibiensûr). Du coup, le reste de la troupe le suit, en prenant bien soin de ne pas prévenir les autres, histoire de les inquiéter au maximum (surtout que le grand schtroumpf, le chef, est avec eux). Comme c’est la période de la lune bleue, l’endroit où mène le mauvais chemin est en fait une cascade avec une warp zone totalement cheatée (quatrième incohérence, le village est censé se trouver au beau milieu de la forêt, entouré de verdure et uniquement de verdure, sans aucune caverne avec une putain de warp zone dedans). Gargamel arrive devant la cascade, parce que quand même aller au barrage pour capturer un maximum de schtroumpfs c’est pas funky (cinquième incohére…OK j’arrête). Ils sont tous aspirés par un tuyau d’eau pour être téléportés dans New-York (véridique), sans avoir reçu une seule goutte d’eau sur eux. Nous avons fait 15 minutes de film. La troupe reste comme des cons juste devant la warp zone à discuter de bla bla bla où est-ce qu’on est alors que Gargamel était en train de les poursuivre. Ils ont le temps de s’étonner, de faire plusieurs plans de survie, de rager comme des porcs sur le fait qu’ils peuvent plus faire machine arrière (alors que la warp zone est juste derrière) et jouer au bridge avant que Gargamel n’arrive à son tour. S’en suis la plus longue, la plus chiante des parties jamais faites où la troupe fuit Gargamel en s’accrochant à des taxis (incohérence, un schtroumpf ne pèse quasiment rien et devrait être éjecté par le vent, mais non, fuck la gravité, seuls les cheveux de la schtroumpfette bougent). Ils arrivent finalement dans une maison, où le propriétaire est un abruti vendeur de vibros parfumés (qui tombe sous le poids d’un seul schtroumph !), marié à l’une des femmes les plus connes et les plus sportives qui soient (alors qu’elle est enceinte de plusieurs mois, elle court durant tout le film, hmm hmmm). Pour rentrer chez eux, la troupe doit attendre la lune bleue pour ouvrir une nouvelle warp zone ; au lieu de se toucher dans la maison et être en sécurité, ils préfèrent sortir et explorer les environs. Gargamel pendant ce temps veut des poils de fouffe de schtroumpfette (pour plus d’informations, lisez l’article sur A Serbian Film) et en trouve grâce à son chat Azrael. Il tombe sur une cave ouverte en plein Central Park rempli de matériel de magie. KOI. Il peut alors faire de “l’essence de schtroumpf” (le diesel c’est pour les tapettes), il récolte une goutte de cette précieuse eau qui lui donne des super pouvoirs trop cheat. A votre avis, que fait-il avec ? Il va rajeunir une vieille dame totalement random bien sûr ! Mais oui bonhomme ! Ca fait 50 ans que tu gâches ta vie pour avoir ne serait-ce qu’un seule goutte, et toi tu l’utilises direct sur une vieille dans un salon de beauté. FUUUUUU. Après le reste est inutile, bourré d’incohérences en tout genre, de niaiseries honteuses (“la vérité ne se trouve pas dans ton cerveau mais un peu plus bas…Non, pas ici, gros dégueulasse !”), de tentatives désespérés de réflexion.

Je vais chercher une corde et un tabouret, je reviens.

Finalement les schtroumpfs vont dans une librairie chinoise ninja pour voir un album de Peyo en passant par la boîte au lettre (dites moi comment ils montent sans aucun support ! Et l’album de Peyo c’est presque une provocation !) et Gargamel les rejoins suite à l’indication d’un clochard dans la rue (véridique) ; il ouvre la porte avec une formule magique wtf du genre “ouvrata serurus bagatas dans la fentas” (alors que normalement Gargamel n’a aucun pourvoir magique à part les potions),  il y trouve une baguette magique avec un dragon dessus (ah oui, rappelez-moi le rapport entre les schtroumpfs et l’Asie ?) et capture le grand schtroumpf sous les yeux des autres de la troupe qui décident donc de partir tranquillement à la maison. Suite à une série de dialogues totalement incohérente (« il faut sauver le grand schtroumpf ! » « Ouais mais non, il a dit qu’il fallait pas » « Rooo, fait pas ta schtroumpfette ! » « Bon bah ok »), la troupe décide d’aller sauver le grand schtroumpf quand même, au château de Central Park où Gargamel a trouvé refuge. Le problème c’est que Gargamel a une baguette magique et fait des shoop da woop à tire-larigot, ce qui complique la tâche de la troupe. Tiens, en parlant de tâches, voilà le vendeur inutile qui vient à la rescousse…sauf que non, ce n’est qu’après la bataille qu’il trouve l’entrée de la cachette, bien vu l’aveugle. Par je ne sais quelle warp zone improbable, tout le village des schtroumpfs se retrouve dans la bataille, ce qui a tendance à faire chier Gargamel, d’autant plus qu’ils ont eu le temps de ramener une centaine de balles de golf et des catapultes miniatures du magasin de jouets (véridique). Le vent tourne, et Gargamel malgré les tornades maléfiques qu’il faisait avec sa baguette magique (véridique) est éjecté au loin. Le grand schtroumpf arrive à casser la baguette et à la jeter au loin alors qu’il faut être deux pour traîner une feuille de salsepareille. Tout le monde est heureux, youpi, le temps de faire tourner la schtroumpfette dans le bosquet de Central Park et hop on repart dans la cascade (parce que oui, la bataille était durant la lune bleue). Tout le monde se fait des kiss parce que c’était quand même des bons moments, c’est vrai quoi, se faire bouffer, poursuivi, capturer, torturer par des bouts d’oignons (véridique, en plus la scène est débile puisqu’il suffit à mettre un oignon devant le grand schtroumpf pour qu’il chiale) et trainer dans la boue pendant plusieurs jours, c’est quand même sympathique. Du coup tout le monde est content, et la famille new-yorkaise inutile et débile a l’enfant tant attendu. D’où la citation finale, qui est vraiment prononcée : « bonjour je suis un garçon et je m’appelle Bleu ». FIN.

Mais mais mais. Et Gargamel ? Il peut aller se faire foutre ? Concrètement oui. La dernière scène montre Gargamel dans les poubelles de New-York en train de faire la manche, et en bon clodo il lance un sort avec sa baguette (qui fut cassé par le grand schtroumpf une minute plus tôt). Je viens de vous spoiler tout le film mais j’en ai rien à foutre, j’ai aucune pitié.

Je ne vois pas comment on aurait pu rendre ce film encore plus mauvais, encore plus troll. Il m’a complètement trollé ma journée. Le design est absolument affreux, que ce soit pour les images digitalisées ou les acteurs. Pourquoi ne pas avoir privilégié les dessins en 2D, style BD ? Si vraiment les scénaristes voulaient à tout prix prostituer les Schtroumpfs à New-York, c’est toujours possible de les mettre en 2D ! Qui veut la peau de Roget Rabbit est l’exemple parfait : ce mélange fonctionne ! Les gros plans sur la tête des acteurs sont juste immondes ; surtout pour Gargamel, qui ici a une tête de violeur psychopathe baveux s’exprimant avec des termes moyenâgeux comme dans les Visiteurs. C’est vraiment la vision que vous avez du vrai Gargamel ? Un type qui pisse dans le seau du champagne au restaurant chic (véridique) ? Non mais à un moment il faut arrêter de traumatiser les gosses comme ça.

Le thème du générique du dessin animé d’époque est fabuleux. Il est doux, calme, invite à quelque chose de léger et de doux. A votre avis, comment peut-on massacrer au maximum ce thème ? Eh bien, en mettant Walk This Way d’Aerosmith sur un fond de Guitar Hero ! FUUUUUUUU-. Je ne blague pas hein, encore une fois c’est véridique. Tout le film est ponctué de ce genre de musiques qui ne collent absolument pas à l’univers, genre  Back in Black d’AC/DC juste avant la scène finale. Est-ce l’image des schtroumpfs ? Est-ce l’image qu’on a de la musique douce et agréable des schtroumpfs ? C’était vraiment compliqué de faire au moins un remix du thème principal connu de tous ?

POURQUOI ? Pourquoi le grand schtroumpf est-il le seul à avoir sa voix d’origine ? Pourquoi l’histoire est-elle bourrée d’incohérences ? Pourquoi le chapeau des schtroumpfs peut se métamorphoser en parachute (véridique) ? Pourquoi Gargamel s’enfuit d’une prison en volant sur des mouches (véridique) ? Pourquoi avoir ajouté le schtroumpf narrateur, le schtroumpf fou ? Pourquoi les schtroumpfs changent de taille (parfois minuscules, parfois 50 cm) ? Le film n’est même pas drôle bordel. Il est composé uniquement de courses-poursuites absurdes et de discours pseudo-philosophiques. POURQUOI CE FILM EST-IL MAUVAIS SOUS TOUS LES POINTS ?

Je suis traumatisé maintenant. Ce film est une horreur sans nom, pire que tout ce que vous pouvez imaginer.

Dérangé.

Après avoir vu A Serbian Film, il me fallait quelque chose de beaucoup plus soft. Sans plus attendre, je file tout droit sur Google avec des recherches pertinentes telles que “plat de nems et autres asiateries”, “sexy XXX” ou bien “chanson nibards et mouillette”. C’est alors qu’au détour de sites dont je ne communiquerai pas le nom sous peine de choquer les plus jeunes que je tombe une nouvelle fois sur Satan. Celui-ci m’a fait diablement peur dans le précédent Bog’s View, j’essaye donc de l’éviter. Pour le semer une bonne fois pour toute, je prends ma baguette magique (non, pas celle-là, l’autre) et j’ouvre un portail spatio-temporel vers un monde parallèle. Dans la précipitation, je choisis le monde des licornes. Les créatures dansent avec du Patrick Sébastien (~ et on fait tourner les serviettes ~) sur un dancefloor couleur arc-en-ciel tout en lançant des coquelicots.

Et puis je me suis réveillé. Mes yeux sont lourds, la lumière m’aveugle. Un petit coup d’oeil à ma table de chevet où se trouve normalement mon réveil-matin me suffit à constater qu’il a disparu. A sa place, une pochette de CD représentant Satan faisant un petit clin d’oeil. Sans perdre de temps, je le place dans un lecteur prévu à cet effet.

Ce fut encore une fois une proposition de Satan en personne, être maléfique remplie de haine et de démence, n’hésitant pas à se fondre dans la masse dans les ghettos et autres lieux maléfiques. Hmm hmmm. Autant dire que l’album fut terriblement dérangeant, et donc incroyablement plaisant. Paradoxal, ma réaction ? Roooo.

Oui donc heu bon, l’album en question se nomme Mauvaise Foi, compilation de titres de Sexy Sushi. Groupe qui retient tout mon attention ces derniers jours.

La pochette de l'album, bordélique, à l'image du groupe.

Comment résumer Mauvaise Foi ? Hummmmm…Du bordel électro sur des textes complètement déjantés qui donnent une sensation extrêmement dérangeante ? Ca me va.

Faire une review d’un album de Sexy Sushi est un exercice difficile dans le sens où c’est un groupe très malsain, dépassant les limites du dérangeant pour mieux rentrer dans vos oreilles et vous cracher de l’acide douce sur vos tympans. Tout ce que je viens de dire est mélioratif car la plupart des chansons françaises que l’on nous fait écouter en boucle se contentent de pales imitations de “je t’aime moi non plus”. Ici, l’humour noir, le second degré, la parodie même, les sujets “tabous”, la provocation et la folie sont au rendez-vous. Un peu comme du Didier Super, mais un peu plus jeune et moins “sketch”.

Il n’y a que très peu de choses à jeter dans l’album Mauvaise Foi. Le seul bémol, mais ceci est un avis strictement personnel, je n’ai pas encore vu de critique là-dessus, c’est la chanson “Toute la haine qui m’incarne”, qui fait un peu crise d’ados. Mais seulement quelques passages, donc sans plus.

Je suis désormais un fan inconditionnel de Meurs, meurs Jean-Pierre Pernaut. Cette chanson est extrêmement révélatrice de la qualité de l’album : fou, piquant mais vrai. Les thèmes sont burlesques, mais pourtant en même temps saisissants de vérités. La voix de la chanteuse Rebeka Warrior (de son vrai nom Julia Lanoë) est variable dans le bon sens, c’est à dire qu’elle s’adapte en fonction de l’univers musical. Nous voguons dans leur délire complètement absurde, submergé par tant de créativité et d’ingéniosité.

Même l’album en lui-même contribue à ce bon bordel sonore ; Mauvaise Foi est une sorte d’hybride entre compilation et nouvelles compositions. Bref, un album étrange, malsain, dérangeant, mais putain d’efficace et de plaisant. A écouter en boucle, dans la voiture, avec les fenêtres ouvertes quand on passe devant une maison de retraite.

Pour finir, voilà quelques pistes de ce merveilleux album :

http://www.youtube.com/watch?v=28drKrrCUBQ

http://www.youtube.com/watch?v=0sODneKnkU8

http://www.youtube.com/watch?v=98rT7EAOPRc

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